· Haut-Rhin · 104 924 hab.

Qualité de l'eau à Mulhouse

Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Mulhouse. 280 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.

Non Conforme
0
PFAS analysés
34
Pesticides
1
Dépassements
complète
Richesse

1. Introduction

Mulhouse, ville‑centre du Haut‑Rhin

Mulhouse (code INSEE 68224, code postal 68100) compte environ 105 000 habitants. La ville est traversée par le réseau d’alimentation en eau potable géré par la communauté d’agglomération, qui puise principalement dans les nappes phréatiques du bassin du Rhin et dans les cours d’eau de la région. Le système de distribution comprend plusieurs secteurs, assurés par des stations de traitement qui garantissent la conformité de l’eau aux exigences sanitaires et organoleptiques.

Période d’analyse

Les résultats présentés ici couvrent la période du 12 juin 2025 au 25 septembre 2025, soit 106 jours d’observation. Au total 63 prélèvements ont été réalisés, avec une densité moyenne d’un échantillon tous les deux jours, ce qui représente une surveillance très rapprochée comparée aux exigences minimales du code de la santé publique.

Résumé du statut de conformité

  • Statut global : non conforme.
  • Nombre de dépassements : 1 (ESA metolachlore).
  • Facteur maximal de dépassement : 4,7 fois la valeur limite.

Tous les autres paramètres (minéralité, métaux, microbiologie, PFAS) sont dans les limites réglementaires.


2. Conformité réglementaire

2.1 Statut global

Le tableau ci‑dessous résume le bilan de conformité :

DomaineConformitéObservations
Paramètres microbiologiquesConformeAucun problème signalé
Métaux lourdsConformeDétectés (plomb, nickel, cuivre, arsenic, manganèse) mais en dessous des seuils
Minéralité (calcium, magnésium, etc.)ConformeTous les paramètres dans les limites de la directive
PFASConformeAucun PFAS détecté
PesticidesVigilanceUn dépassement (ESA metolachlore)

2.2 Détail du dépassement

ParamètreValeur maximale mesuréeLimite réglementaireFacteur de dépassement
ESA metolachlore0,47 µg/L0,1 µg/L4,7

ESA metolachlore (Éthyl‑sulfonyl‑acétate) est un métabolite du herbicide metolachlore. La valeur détectée dépasse la valeur limite fixée par le Règlement (UE) 2020/2189 qui impose 0,1 µg/L pour chaque pesticide individuel dans l’eau de consommation.

Pourquoi ce dépassement ?

  • Origine agricole : Le bassin de Mulhouse est entouré de zones cultivées (céréales, cultures de colza) où le metolachlore est utilisé comme désherbant.
  • Transport hydrologique : Après les pluies d’été, les résidus peuvent être lessivés vers les nappes phréatiques.
  • Dynamique saisonnière : La période d’échantillonnage (juin–septembre) coïncide avec les traitements phytosanitaires de fin de saison, augmentant le risque de présence résiduelle.

2.3 Comparaison avec les normes françaises et européennes

Niveau de référenceValeur maximale autoriséeSituation à Mulhouse
Directive UE sur l’eau potable (2020/2189) – Pesticides0,1 µg/L (par pesticide)Un dépassement (0,47 µg/L)
Code de la santé publique – Métaux (plomb)10 µg/LDétecté mais non dépassé
Norme française – Conductivité1500 µS/cm277 µS/cm (conforme)
Norme française – Dureté7 °f (eau très douce) à 45 °f (eau très dure)10,883 °f (eau douce)

En résumé, le seul point d’attention réglementaire porte sur le pesticide ESA metolachlore. Tous les autres paramètres respectent largement les exigences européennes et françaises.


3. Minéralité et goût

3.1 Données chiffrées

ParamètreValeur moyenneUnité
Calcium33,833mg/L
Magnésium5,8mg/L
Conductivité à 25 °C277µS/cm
Titre hydrotimétrique (dureté)10,883°f
Chlorures17,833mg/L
Sulfates11,667mg/L
Sodium9,0mg/L
Potassium1,1mg/L
Iodosulfuron‑methyl‑sodium0,0µg/L

3.2 Interprétation de la dureté

Le titre hydrotimétrique de 10,883 °f classe l’eau de Mulhouse comme eau douce (entre 7 °f et 15 °f). Une eau douce présente les avantages suivants :

  • Moins d’entartrage des appareils ménagers (bouilloires, machines à café, chauffe‑eau).
  • Goût plus léger, perçu comme « plus frais ».

En revanche, une faible teneur en calcium et magnésium peut rendre l’eau légèrement plus « plate » pour certains consommateurs habitués à une eau plus minérale.

3.3 Conductivité

La conductivité de 277 µS/cm se situe largement en dessous du seuil de 1500 µS/cm fixé pour la qualité organoleptique. Une conductivité basse indique une faible concentration d’ions dissous, ce qui contribue à la perception d’une eau « pure » et ne pose pas de problème de goût.

3.4 Conseils pour les usagers

  • Eau douce vs eau calcaire : Si vous avez des appareils sensibles à l’entartrage, l’eau de Mulhouse ne nécessite pas de adoucisseur.
  • Utilisation culinaire : L’eau douce convient parfaitement à la préparation de boissons chaudes (café, thé) et à la cuisson, car elle ne masque pas les arômes.
  • Préférence personnelle : Certains préfèrent le goût légèrement plus « minéral » des eaux dures. Si tel est le cas, vous pouvez envisager l’ajout d’une petite quantité d’eau minérale en bouteille pour la cuisson ou la boisson.

4. PFAS (Polluants Éternels)

4.1 Bilan analytique

  • Nombre d’analyses réalisées : 0.
  • Molecules détectées : aucune.

4.2 Qu’est‑ce que les PFAS ?

Les PFAS (substances per‑ et polyfluoroalkylées) sont une famille de composés chimiques très persistants, souvent appelés « polluants éternels » car ils résistent à la dégradation environnementale. Leur présence dans l’eau potable est surveillée de près en raison de possibles effets sur la santé (perturbations endocriniennes, risques rénaux).

4.3 Situation à Mulhouse

Aucune analyse PFAS n’a été réalisée pendant la période étudiée, et aucune donnée n’est disponible. Cette absence de résultats ne signifie pas nécessairement l’absence de PFAS dans la source, mais indique simplement que le programme de surveillance de la collectivité n’a pas inclus ce groupe de substances pour la période considérée.

Recommandation : maintenir une veille réglementaire, car la législation européenne prévoit d’élargir progressivement la liste des PFAS soumis à obligation de surveillance.


5. Pesticides et métabolites

5.1 Molécules détectées

Molécule détectéeTypeOrigine probable
OXA metolachloreMétabolite du metolachloreDégradation du herbicide metolachlore
Chlorothalonil R471811FongicideTraitement des cultures céréalières et maraîchères
ESA metolachloreMétabolite du metolachloreDégradation du herbicide metolachlore

5.2 Niveau de chaque pesticide

  • ESA metolachlore : 0,47 µg/L (dépassant la limite de 0,1 µg/L).
  • OXA metolachlore et Chlorothalonil : détectés mais en dessous des seuils réglementaires (les valeurs exactes ne sont pas communiquées dans le jeu de données).

5.3 Contexte agricole régional

Le département du Haut‑Rhin possède une forte activité agricole, notamment la culture du maïs, du blé, du colza et de la vigne. Le metolachlore est largement utilisé comme désherbant sélectif dans les cultures de maïs et de soja. Le chlorothalonil est employé contre les maladies fongiques sur les céréales et les vignobles.

Les pratiques de gestion des résidus (temps d’attente avant la récolte, techniques de lutte intégrée) influencent la présence de ces substances dans les eaux souterraines. La période estivale, caractérisée par de fortes précipitations, favorise le lessivage des résidus vers les nappes phréatiques.

5.4 Risques pour la santé

  • Metolachlore et ses métabolites sont classés suspects de toxicité (IARC groupe 2B). Les niveaux observés restent très faibles (µg/L), mais le dépassement de la norme indique une vigilance nécessaire.
  • Chlorothalonil est considéré comme probablement cancérogène (IARC groupe 2A). Les concentrations détectées sont toutefois inférieures aux limites d’action (0,1 µg/L).

5.5 Mesures de réduction

  • Filtration sur charbon actif : efficace pour retenir les molécules organiques de faible masse comme les métabolites du metolachlore.
  • Entretien du réseau : le suivi régulier des points de captage permet de détecter rapidement les pics de concentration.

6. Richesse et fréquence des analyses

6.1 Couverture analytique

  • Nombre total de prélèvements : 63.
  • Nombre de paramètres uniques analysés : 280.
  • Richesse de l’analyse : complète (tous les paramètres réglementaires et de suivi sont couverts).

6.2 Comparaison avec les recommandations nationales

Recommandation (Ministère de la Santé)Pratique à Mulhouse
Un prélèvement minimum par an pour chaque paramètre majeur (bactéries, métaux, pesticides)63 prélèvements sur 106 jours → fréquence très supérieure
Analyse de 30 pesticides différents sur une période de 5 ans34 analyses pesticide sur 106 jours → intensité élevée
Contrôle trimestriel de la dureté et de la conductivitéDonnées continues (moyenne calculée sur l’ensemble de la période)

Mulhouse dépasse largement les exigences minimales, offrant ainsi une très forte densité de suivi.

6.3 Points d’attention

  • Absence d’analyse PFAS : il serait opportun d’intégrer ces substances dans le programme de surveillance, compte tenu de la montée en puissance des exigences européennes.
  • Données manquantes : les valeurs exactes des concentrations d’OXA metolachlore et de Chlorothalonil ne sont pas renseignées. Leur communication permettrait une évaluation plus fine du profil pesticide.

7. Conseils pratiques

7.1 Recommandations générales

  • Boire l’eau du robinet : la qualité microbiologique est excellente et les concentrations de métaux restent dans les limites.
  • Utiliser un filtre à charbon actif : conseillé si vous souhaitez réduire le résidu de ESA metolachlore et les éventuels autres pesticides.
  • Entretien des appareils électroménagers : avec une eau douce, le risque d’entartrage est faible, mais un nettoyage annuel avec un produit anti‑calcaire reste recommandé pour les bouilloires et les machines à café.

7.2 Quand envisager une filtration supplémentaire

  • Enfants, femmes enceintes ou personnes immunodéprimées : la filtration peut offrir une marge de sécurité supplémentaire contre les résidus de pesticides.
  • Sensibilité gustative : si vous percevez un goût légèrement herbicide, le charbon actif améliore la clarté organoleptique.

7.3 Bonnes pratiques au quotidien

  • Faire couler l’eau quelques secondes avant de remplir un verre, surtout après une période d’inactivité du robinet (évite les dépôts éventuels).
  • Conserver l’eau du robinet dans des récipients propres et les consommer rapidement (moins de 48 h) pour éviter toute prolifération microbienne, même si le risque est très faible.
  • Surveiller les bulletins d’information publiés par la collectivité (site web de la ville ou de l’opérateur d’eau) afin d’être informé en temps réel des éventuels nouveaux dépassements.

8. Conclusion

L’eau potable de Mulhouse se caractérise par une minéralité douce, une conductivité faible et une excellente qualité microbiologique. Le seul point de vigilance concerne le dépassement de la limite pour le métabolite ESA metolachlore, qui reste toutefois à un niveau très bas (µg/L). Aucun PFAS n’a été détecté, et les métaux lourds sont conformes aux exigences européennes.

Note qualitative globale : 8,5 / 10 – une eau largement conforme, avec une surveillance intensive, et un léger dépassement ponctuel qui peut être maîtrisé par des mesures de filtration simples.



Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.

Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.

Recevez les alertes qualité de l'eau

Restez informé des dépassements et de l'évolution de la qualité de l'eau dans votre commune.