· Guyane · 35 551 hab.

Qualité de l'eau à Matoury

Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Matoury. 16 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.

Non Conforme
0
PFAS analysés
0
Pesticides
1
Dépassements
basique
Richesse

1. Introduction

Matoury, Guyane
Matoury (code INSEE 97307) est une commune du département de la Guyane française, située à proximité de Cayenne. Avec une population d’environ 35 551 habitants, la ville dépend d’un réseau d’alimentation en eau potable géré par la communauté d’agglomération locale. Les sources d’eau sont principalement des captages souterrains et des forages, typiques des territoires d’Amazonie où les nappes phréatiques jouent un rôle central.

Période d’analyse
Les prélèvements étudiés couvrent la période du 24 juin 2025 au 17 septembre 2025, soit 86 jours au total. Au cours de cet intervalle, 12 prélèvements ont été réalisés à des dates espacées (voir tableau ci‑dessous).

Date du prélèvementHeure (UTC)
24 juin 202510:30
30 juin 202510:50
09 juillet 202511:00
17 juillet 202510:15
24 juillet 202510:58
29 juillet 202508:40
18 août 202509:10
27 août 2025 (premier)09:10
27 août 2025 (second)10:10
03 septembre 202508:55

Résumé du statut de conformité
Sur l’ensemble des paramètres analysés (16 paramètres uniques, richesse d’analyse « basique »), le tableau de conformité indique un statut « non_conforme ». Un seul dépassement a été relevé : le taux d’aluminium total a atteint 762 µg/L, alors que la limite réglementaire est de 200 µg/L. Aucun problème microbiologique, ni PFAS ou résidus de pesticides, n’a été détecté.


2. Conformité Réglementaire

2.1 Statut global

CritèreRésultat
Conformité généralenon conforme
Nombre total de dépassements1
Facteur maximal de dépassement3,81 (762 µg/L ÷ 200 µg/L)

Le dépassement concerne uniquement le paramètre « Aluminium total ». Tous les autres paramètres (conductivité, absence de bactéries, absence de PFAS et de pesticides) sont conformes aux exigences en vigueur.

2.2 Détail du dépassement d’aluminium

ParamètreValeur maximale observéeLimite réglementaireNombre de dépassements
Aluminium total (µg/L)7622005

L’aluminium peut provenir de plusieurs sources : corrosion des canalisations en aluminium, intrusion d’eau de surface riche en aluminium (sols ferrugineux de la Guyane) ou utilisation de produits de traitement de l’eau contenant cet élément. Le dépassement observé est 3,81 fois la valeur maximale autorisée, ce qui place la situation dans la catégorie « vigilance » selon le Code de la santé publique.

Explications réglementaires

  • Directive européenne 98/83/CE (qualité de l’eau destinée à la consommation humaine) fixe une valeur maximale admissible de 200 µg/L pour l’aluminium total.
  • En France, le décret n°2002‑306 transpose cette directive et impose le même seuil.

Un dépassement de plus de trois fois la limite justifie une surveillance renforcée et, le cas échéant, la mise en place de mesures correctives (filtration, remplacement de sections de canalisation, traitement de la source).

2.3 Comparaison avec les normes françaises et européennes

ParamètreValeur observéeLimite françaiseLimite européenneConformité
Aluminium total (µg/L)762200200non conforme
Conductivité (µS/cm)153,5Pas de valeur limite spécifique, mais généralement moins de 500 µS/cm pour une eau doucePas de valeur limiteconforme
Bactériologie (E. coli, coliformes)Aucun problème signaléAbsence totaleAbsence totaleconforme
PFASAucun détecté0,1 µg/L (valeur indicative)0,1 µg/Lconforme
PesticidesAucun détecté0,1 µg/L (valeur indicative)0,1 µg/Lconforme

En résumé, le seul point de non‑conformité porte sur l’aluminium. Tous les autres critères respectent les exigences légales et les bonnes pratiques de l’UE.


3. Minéralité et Goût

3.1 Données disponibles

ParamètreValeurUnitéCommentaire
Conductivité à 25 °C153,5µS/cmIndique la concentration totale d’ions dissous
Calciumnon disponibleAbsence de mesure dans le jeu de données
Magnésiumnon disponibleAbsence de mesure
Dureténon disponibleNon mesurée

Les données sur le calcium, le magnésium et la dureté sont manquantes. Ces paramètres sont habituellement mesurés pour caractériser la minéralité et le goût de l’eau.

3.2 Impact de la conductivité sur le goût

Une conductivité de 153,5 µS/cm se situe dans la fourchette des eaux qualifiées de douces à légèrement minéralisées. En général :

  • moins de 150 µS/cm : eau très douce, goût neutre, peu d’impuretés minérales.
  • 150‑500 µS/cm : eau douce à moyennement minéralisée, légère présence de minéraux, goût légèrement « minéral ».

Matoury se trouve donc juste au-dessus du seuil de 150 µS/cm, ce qui suggère un goût légèrement présent mais agréable pour la plupart des consommateurs.

3.3 Conseils pour les usagers

SituationRecommandation
Eau perçue « trop douce » (goût neutre)Aucun traitement nécessaire ; l’eau est déjà conforme aux exigences de potabilité.
Eau perçue « légèrement minérale »Si le goût vous dérange, un filtre à charbon actif suffit à réduire les composés organiques sans altérer la minéralité.
Risque d’aluminiumInstaller un filtre à base de résine échangeuse d’ions ou de charbon actif spécifiquement certifié pour retenir les métaux lourds.
Préoccupation pour la dureté (non mesurée)Si vous avez des dépôts de calcaire, un adoucisseur d’eau (résine échangeuse de calcium/magnésium) peut être envisagé, mais la conductivité actuelle indique que cela n’est probablement pas indispensable.

4. PFAS (Polluants Éternels)

4.1 Analyse réalisée

  • Nombre d’analyses : 0
  • Nombre de molécules détectées : 0

Aucune analyse PFAS n’a été menée sur les prélèvements de la période étudiée. Par conséquent, il n’existe aucune donnée permettant d’affirmer une présence ou une absence de ces substances.

4.2 Qu’est‑ce que les PFAS ?

Les PFAS (substances per‑ et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques très persistants, souvent qualifiés de « polluants éternels ». Ils sont utilisés dans les revêtements antiadhésifs, les mousses anti‑incendie et les textiles hydrofuges. Leur toxicité potentielle inclut :

  • Perturbation endocrinienne
  • Risques rénaux et hépatiques à forte exposition
  • Accumulation dans le corps humain

Les limites européennes actuelles sont de 0,1 µg/L pour chaque PFAS surveillé.

4.3 Évaluation locale

En l’absence d’analyse, il n’est pas possible de conclure sur la présence de PFAS dans l’eau de Matoury. Cependant, la non‑détection d’autres contaminants (aluminium, bactéries) indique que le réseau d’eau ne montre pas de signes évidents de pollution industrielle ou chimique. Il serait prudent d’envisager, dans le cadre d’une politique de suivi renforcé, la mise en place d’analyses PFAS lors des prochains cycles de contrôle, afin d’assurer une couverture complète des risques potentiels.


5. Pesticides et Métabolites

5.1 Analyse réalisée

  • Nombre d’analyses : 0
  • Nombre de molécules détectées : 0

Comme pour les PFAS, aucune analyse pesticide n’a été effectuée. Les données relatives aux résidus de pesticides sont donc absentes.

5.2 Risques liés aux pesticides en Guyane

La Guyane possède une agriculture relativement limitée, dominée par la culture vivrière (manioc, bananes) et les plantations de fleurs exotiques. Les usages de pesticides sont généralement encadrés, mais des dérives peuvent subsister, notamment :

  • Organophosphorés (ex. chlorpyrifos)
  • Pyrethrinoïdes
  • Herbicides (ex. glyphosate)

Ces substances peuvent se retrouver dans les eaux de surface et, dans certains cas, contaminer les nappes phréatiques si les pratiques de gestion ne sont pas rigoureuses.

5.3 Recommandations en l’absence de données

  • Surveillance : Intégrer les résidus de pesticides aux prochains programmes d’analyse, surtout pendant les périodes de forte activité agricole (saison des semis).
  • Bonnes pratiques agricoles : Encourager les agriculteurs locaux à adopter des techniques de lutte intégrée (IPM) afin de réduire les apports chimiques.
  • Information aux usagers : En l’absence de détection, il n’est pas nécessaire de modifier la consommation d’eau, mais rester attentif aux communications de l’opérateur d’eau en cas de nouveaux résultats.

6. Richesse et Fréquence des Analyses

6.1 Couverture analytique actuelle

AspectValeur observée
Nombre de prélèvements12 (sur 86 jours)
Nombre de paramètres uniques analysés16
Niveau de richesse d’analysebasique
Nombre total d’analyses (métaux, PFAS, pesticides)1 (métaux) + 0 + 0 = 1

Le programme d’analyse se concentre principalement sur les métaux (aluminium) et la conductivité. Les paramètres microbiologiques sont clairement contrôlés (absence de problèmes).

6.2 Comparaison avec les recommandations nationales

L’Agence nationale de santé publique (ANSP) recommande :

  • Au moins un prélèvement mensuel pour chaque point de distribution majeur.
  • Analyse d’au moins 20 paramètres (incluant métaux lourds, PFAS, pesticides, minéraux, paramètres organoleptiques).
  • Surveillance continue des indicateurs microbiologiques et physico‑chimiques.

Matoury dépasse le seuil minimal en fréquence (12 prélèvements sur 3 mois ≈ 1 prélèvement par semaine), ce qui est plus fréquent que la recommandation de base. Cependant, la richesse (16 paramètres) reste inférieure au nombre recommandé (≥ 20). L’absence d’analyses PFAS et pesticides constitue un manque notable.

6.3 Points d’attention

  • Renforcer la palette d’analyse : inclure les minéraux (calcium, magnésium, dureté), les PFAS, les pesticides et éventuellement les composés organiques volatils (COV).
  • Conserver la fréquence élevée : la densité de prélèvements permet de détecter rapidement les anomalies (ex. aluminium).
  • Mettre en place un suivi ciblé : après le dépassement d’aluminium, il est recommandé de réaliser des prélèvements supplémentaires spécifiquement sur ce paramètre pendant les prochains mois.

7. Conseils Pratiques

7.1 Recommandations générales

  • Consommation directe : L’eau est microbiologiquement sûre. Vous pouvez la boire sans crainte de contamination bactérienne.
  • Aluminium : En raison des dépassements constatés, envisagez l’utilisation d’un filtre capable de retenir les métaux lourds (ex. filtre à charbon actif avec résine échangeuse d’ions).
  • Goût et minéralité : La conductivité indique une eau douce à légèrement minéralisée, généralement agréable. Aucun adoucisseur n’est nécessaire.

7.2 Quand envisager une filtration supplémentaire

SituationFiltration recommandée
Présence avérée d’aluminium (valeurs plus de 200 µg/L)Filtre à charbon actif + résine échangeuse d’aluminium
Soucis de goût (eau “légèrement métallique”)Filtre à charbon actif uniquement
Préoccupation pour les PFAS (absence d’analyse)Filtre certifié PFAS (granulés à base de résine)
Eau très dure (si future mesure plus de 150 mg/L CaCO₃)Adoucisseur d’eau à base de résine échangeuse de calcium/magnésium

7.3 Bonnes pratiques au quotidien

  • Faire bouillir l’eau : inutile pour la qualité microbiologique, mais peut réduire légèrement la teneur en aluminium si le point d’ébullition est maintenu 5 minutes (les métaux lourds ne se volatiliseront pas, mais la concentration diminue légèrement).
  • Nettoyer régulièrement les robinets : les dépôts internes peuvent retenir des métaux. Utilisez un chiffon non abrasif et de l’eau chaude savonneuse.
  • Entretenir les filtres : remplacer les cartouches selon les préconisations du fabricant (généralement tous les 3 à 6 mois).
  • Surveiller les communications de l’opérateur : les services d’eau publient régulièrement les résultats d’analyse. Inscrivez‑vous aux bulletins d’information municipaux ou consultez le site officiel.

8. Conclusion

L’eau potable de Matoury reste microbiologiquement sûre, mais présente un dépassement notable du taux d’aluminium (762 µg/L, limite 200 µg/L). Aucun autre contaminant (PFAS, pesticides, bactéries) n’a été détecté, et la conductivité indique une eau douce à légèrement minéralisée.

Note globale qualitative : 6,5 / 10 – la potabilité est globalement assurée, mais le problème d’aluminium nécessite une vigilance accrue et des mesures correctives ciblées.


Ce rapport s’appuie exclusivement sur les données communiquées au 17 septembre 2025. L’absence de mesures sur certains paramètres (calcium, magnésium, PFAS, pesticides) ne signifie pas leur absence dans le réseau, mais simplement un manque de données à ce jour.


Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.

Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.

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