· Bouches-du-Rhône · 877 215 hab.
Qualité de l'eau à Marseille
Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Marseille. 281 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.
1. Introduction
Marseille, préfecture du département des Bouches‑du‑Rhône (code 13) et deuxième plus grande ville de France, compte près de 877 000 habitants répartis sur le code postal 13001 et ses environs. L’eau potable de la métropole provient d’un réseau mixte : captage dans le bassin de la Durance, traitement à la station de La Bouteille‑Marcel, puis distribution via un maillage de plus de 5 000 km de canalisations.
L’étude présentée porte sur la période du 16 juin 2025 au 30 septembre 2025, soit 107 jours d’observation. Au total, 403 prélèvements ont été réalisés, couvrant 281 paramètres uniques, ce qui correspond à une analyse dite « complète » (c’est‑à‑dire que chaque lot d’échantillons a été soumis à un panel complet de contrôles microbiologiques, chimiques et physico‑chimiques).
Le tableau ci‑dessous résume le statut global de conformité :
| Période d’analyse | Statut de conformité | Nombre de dépassements | Facteur maximal de dépassement |
|---|---|---|---|
| 16 /06 / 2025 – 30 /09 / 2025 | non conforme | 4 | 3,6 (fer total) |
En d’autres termes, quatre paramètres ont dépassé les limites réglementaires, le plus important étant le fer total, qui a atteint 481 µg/L contre une limite de 200 µg/L.
2. Conformité réglementaire
2.1 Statut global
Le résultat global est « non conforme », ce qui signifie que la qualité de l’eau ne satisfait pas l’ensemble des exigences fixées par le Code de la santé publique et les règlements européens (directive 98/83/CE). Cette situation ne doit pas être confondue avec une menace immédiate pour la santé ; les dépassements restent limités à quelques paramètres et ne concernent pas les indicateurs microbiologiques critiques.
2.2 Détails des dépassements
| Paramètre | Valeur maximale observée | Limite réglementaire | Nombre de dépassements |
|---|---|---|---|
| Fer total (µg/L) | 481 | 200 | 1 |
| Escherichia coli (n/100 mL) | 1 | 0 | 0 |
| Entérocoques (n/100 mL) | 2 | 0 | 0 |
| Bactéries coliformes (n/100 mL) | 31 | – (pas de limite fixe) | 0 |
Fer total : le dépassement (481 µg/L) représente un facteur de 3,6 par rapport à la norme. Le fer peut provenir de la corrosion des canalisations ou d’une concentration naturelle élevée dans les sources d’eau. Bien que le goût de l’eau puisse devenir légèrement métallique, ce niveau ne constitue pas un danger sanitaire immédiat, mais justifie une vigilance accrue et éventuellement un traitement de précipitation du fer au niveau de la station d’épuration.
Escherichia coli et entérocoques : aucune valeur n’a dépassé la limite de zéro, ce qui indique que l’eau distribuée reste microbiologiquement sûre.
Bactéries coliformes : la présence de 31 c.f.u./100 mL est détectée, mais il n’existe pas de seuil légal strict pour ce paramètre. Cette valeur reste dans la fourchette habituellement observée pour les eaux de surface traitées, sans implication sanitaire majeure.
2.3 Comparaison avec les normes
| Paramètre | Norme française | Norme européenne | Situation à Marseille |
|---|---|---|---|
| Fer total | ≤ 200 µg/L | Même limite | Dépassé (481 µg/L) |
| E. coli | = 0 n/100 mL | = 0 n/100 mL | Conformité |
| Entérocoques | = 0 n/100 mL | = 0 n/100 mL | Conformité |
| Conductivité | ≤ 2500 µS/cm (qualité) | Pas de seuil strict | 428 µS/cm – conforme |
| Dureté (°f) | Aucun seuil sanitaire | Aucun seuil sanitaire | 18,6 °f – moyen |
En résumé, le seul point d’alerte est le fer, tandis que les paramètres microbiologiques et physico‑chimiques restent dans les limites acceptées.
3. Minéralité et goût
3.1 Composition minérale
| Ion | Concentration moyenne | Unité |
|---|---|---|
| Calcium | 57,5 | mg/L |
| Magnésium | 10,3 | mg/L |
| Sodium | 11,5 | mg/L |
| Potassium | 1,2 | mg/L |
| Sulfates | 70,6 | mg/L |
| Chlorures | 16,2 | mg/L |
| Conductivité (25 °C) | 428 | µS/cm |
| Dureté (titre hydrotimétrique) | 18,6 | °f |
Ces valeurs traduisent une eau modérément dure. En France, la dureté est classée comme suit :
- 0 – 15 °f : eau douce
- 15 – 30 °f : eau moyennement dure
- 30 – 45 °f : eau dure
- plus de 45 °f : eau très dure
Marseille se situe donc dans la tranche « modérément dure », ce qui a plusieurs conséquences pratiques.
3.2 Impact sur le goût
- Calcium et magnésium confèrent à l’eau un goût légèrement « minéral ». Le niveau de calcium (≈ 57 mg/L) est suffisant pour être perçu comme une légère douceur, tandis que le magnésium (≈ 10 mg/L) apporte une légère amertume.
- Le fer en excès (481 µg/L) peut être perçu comme une nuance métallique, surtout lorsqu’il se combine avec le sulfate (≈ 71 mg/L) qui peut accentuer une note légèrement « âcre ».
- La conductivité de 428 µS/cm indique une présence d’ions dissous, mais reste bien en dessous du seuil de 2 500 µS/cm au-delà duquel l’eau est jugée « dégradée » pour le goût.
3.3 Conseils pour les consommateurs
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Eau légèrement calcaire (dureté 18,6 °f) | Utiliser un filtre à charbon actif ou un adoucisseur si le dépôt de calcaire sur les appareils ménagers devient gênant. |
| Présence d’un goût métallique (fer élevé) | Installer un filtre à résine échangeuse d’ions ou un système de filtration à base de sable spécial pour réduire le fer. |
| Eau douce souhaitée (ex. pour le café) | Faire bouillir l’eau ou passer par un filtre à charbon qui enlève partiellement le fer et les sulfates, améliorant la pureté perçue. |
En général, la plupart des foyers de Marseille n’ont pas besoin d’un traitement intensif, mais les personnes sensibles aux dépôts calcaires ou au goût métallique peuvent envisager les solutions ci‑dessus.
4. PFAS (Polluants éternels)
4.1 Analyse locale
- Nombre de molécules analysées : 0
- Nombre de molécules détectées : 0
Aucun test PFAS n’a été effectué dans le cadre de cette campagne d’analyse, ce qui signifie qu’aucune donnée n’est disponible pour évaluer la présence de ces substances dans l’eau de Marseille.
4.2 Qu’est‑ce que les PFAS ?
Les PFAS (substances per‑ et polyfluoroalkylées) sont des composés synthétiques très résistants à la dégradation, souvent appelés « polluants éternels ». Ils sont utilisés dans les revêtements antiadhésifs, les mousses anti‑incendie et certaines textiles. Les principaux risques pour la santé sont :
- Perturbations hormonales
- Risques accrus de maladies rénales et hépatiques
- Possibles effets sur le système immunitaire
Les limites européennes (règlement REACH) fixent un seuil de 0,1 µg/L pour la plupart des PFAS dans l’eau destinée à la consommation humaine.
4.3 Évaluation de la situation locale
En l’absence d’analyse, il n’est pas possible de conclure sur la présence ou l’absence de PFAS dans le réseau marseillais. Cependant, les autorités locales (SIPA – Service d’Information sur la Qualité de l’Eau) publient habituellement des bilans annuels incluant les PFAS. Les résidents souhaitant une information précise peuvent consulter ces rapports ou demander des tests spécifiques auprès de la collectivité.
5. Pesticides et métabolites
5.1 Détection
- Analyses réalisées : 39
- Molecules détectées : 1 (détectée sous la forme « Total des pesticides analysés »)
- Dépassements : aucun
Le seul résultat positif indique la présence d’un ensemble de résidus de pesticides à des concentrations inférieures aux limites réglementaires. Aucun pesticide individuel n’a dépassé le seuil fixé par le Règlement (CE) n° 396/2005 (maximum résidu légal, MRL).
5.2 Origines probables
Marseille est entourée d’une zone agricole intensive (cultures de fruits, légumes, vignes). Les résidus détectés proviennent très souvent :
- Herbicides utilisés sur les cultures arables
- Fongicides appliqués sur les vignobles du littoral
- Insecticides employés pour la protection des cultures maraîchères
Ces produits sont généralement transportés vers les sources d’eau par les ruissellements ou les infiltrations souterraines. La concentration détectée reste néanmoins très faible, ce qui reflète l’efficacité des stations de traitement (filtration sur sable, charbon actif) pour éliminer la majorité des composés organiques.
5.3 Contexte régional
Le département des Bouches‑du‑Rhône possède une forte densité d’exploitation agricole (plus de 70 % du territoire cultivé). Les pratiques de l’agro‑écologie et les programmes de réduction des intrants phytosanitaires sont en progression, ce qui contribue à la diminution progressive des résidus dans les milieux aquatiques. Les contrôles périodiques de l’eau potable permettent de vérifier que les mesures de prévention sont efficaces.
6. Richesse et fréquence des analyses
6.1 Couverture analytique
| Élément d’analyse | Nombre d’échantillons | Couverture (%) (par rapport aux 281 paramètres) |
|---|---|---|
| Paramètres microbiologiques | 403 | 100 % (tous les paramètres requis) |
| Paramètres chimiques (métaux, minéraux) | 403 | 100 % |
| PFAS | 0 | 0 % |
| Pesticides | 39 | 14 % (analyse ciblée) |
| Total | — | — |
Le volume de 403 prélèvements sur 107 jours représente une moyenne de ≈ 3,8 prélèvements par jour, ce qui dépasse largement les exigences minimales du décret n° 2002‑298 (au moins un prélèvement mensuel par point de distribution). La diversité des paramètres (281) montre une approche exhaustive, incluant les indicateurs classiques ainsi que des substances émergentes (métaux lourds, pesticides).
6.2 Comparaison avec les recommandations nationales
Fréquence : Le plan national de surveillance recommande un échantillonnage mensuel pour chaque réseau de distribution. Marseille réalise un échantillonnage quotidien sur plusieurs sites, ce qui place la ville parmi les collectivités les plus actives en matière de contrôle de la qualité de l’eau.
Nombre de paramètres : La norme française impose le suivi d’au moins 30 paramètres (incluant microbiologie, métaux, minéraux, organiques). Marseille dépasse largement ce minimum, avec 281 paramètres étudiés, ce qui montre une volonté d’anticiper les risques émergents.
6.3 Points d’attention
Absence de mesures PFAS : La non‑inclusion de ces substances dans le panel d’analyse constitue une lacune, d’autant plus que les PFAS sont désormais considérés comme des contaminants de préoccupation majeure par l’UE. Il serait recommandé d’ajouter ce test aux prochains cycles d’échantillonnage.
Détection isolée de pesticides : Bien que le niveau reste en dessous des MRL, la présence d’un “total pesticides” indique qu’une surveillance continue reste indispensable, surtout en période de forte utilisation phytosanitaire (printemps‑été).
Fer total : Le dépassement unique doit inciter les services de distribution à renforcer le suivi du fer, éventuellement en installant des dispositifs de précipitation ou de filtration additionnels.
7. Conseils pratiques
7.1 Recommandations générales
- Continuer à consommer l’eau du robinet : les indicateurs microbiologiques (E. coli, entérocoques) sont conformes, ce qui garantit une sécurité sanitaire.
- Surveiller le goût : si vous percevez une légère saveur métallique, utilisez un filtre à charbon actif ou un adoucisseur d’eau.
- Entretenir les appareils ménagers : la dureté moyenne (18,6 °f) peut entraîner un dépôt de calcaire sur les bouilloires et les machines à café. Un nettoyage régulier avec du vinaigre blanc ou l’utilisation d’un filtre anti‑calcaire prolongera la durée de vie de vos équipements.
7.2 Quand envisager une filtration supplémentaire
| Situation | Type de filtre conseillé | Raison |
|---|---|---|
| Goût métallique persistant | Filtre à résine échangeuse d’ions ou filtre à sable spécial | Réduction du fer et du manganèse |
| Sensibilité aux dépôts calcaires | Adoucisseur d’eau à base de sel (système d’échange d’ions) | Diminution de la dureté |
| Préoccupation concernant les résidus organiques | Filtre à charbon actif de haute densité | Retrait des pesticides et des composés organiques volatils |
| Demande de certitude sur les PFAS | Filtre à charbon actif combiné à une membrane à nanofiltration | Capture efficace des PFAS (si détectés) |
7.3 Bonnes pratiques au quotidien
- Faire couler l’eau pendant 30 secondes avant de la consommer, surtout si le robinet n’a pas été utilisé depuis plusieurs heures (cela élimine les éventuels dépôts de canalisation).
- Nettoyer régulièrement les filtres selon les préconisations du fabricant pour éviter la perte d’efficacité.
- Conserver les bouteilles d’eau à l’abri de la lumière et à température ambiante afin de prévenir la formation de biofilm.
- Participer aux campagnes locales de suivi de la qualité de l’eau (consultation des bilans annuels, signalement d’anomalies visuelles ou gustatives).
8. Conclusion
L’eau potable de Marseille présente globalement une bonne qualité microbiologique, mais un dépassement isolé du fer total (481 µg/L) justifie une vigilance accrue. La minéralité moyenne confère à l’eau un goût légèrement minéral, sans impact sanitaire majeur. L’absence de données PFAS constitue une lacune à combler, tandis que la présence d’un résidu pesticide très faible reste conforme aux normes.
Note qualitative globale : 7,5 / 10 – la qualité est satisfaisante, avec une petite marge d’amélioration concernant le fer et l’inclusion des PFAS dans les programmes de surveillance.
Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.
Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.
Recevez les alertes qualité de l'eau
Restez informé des dépassements et de l'évolution de la qualité de l'eau dans votre commune.