· Pas-de-Calais · 67 585 hab.

Qualité de l'eau à Calais

Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Calais. 44 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.

Non Conforme
0
PFAS analysés
3
Pesticides
2
Dépassements
standard
Richesse

1. Introduction

Calais (62 000), ville portuaire du Pas‑de‑Calais compte environ 67 600 habitants. Le réseau d’alimentation en eau potable est géré par la communauté d’agglomération, qui puise principalement dans les nappes phréatiques de la région.

L’étude présentée ici porte sur une période de 100 jours, du 10 juin 2025 au 17 septembre 2025. Au total 24 prélèvements ont été réalisés, chacun analysé pour 44 paramètres différents, ce qui correspond à une approche dite « standard » (analyse des principaux indicateurs de qualité).

Le bilan global de conformité, fourni par l’autorité de contrôle, indique un statut « non conforme ». Deux dépassements de la législation ont été relevés, tous deux liés à des pesticides. Le reste des paramètres étudiés (bactériologie, métaux, PFAS, conductivité, etc.) respecte les exigences en vigueur.


2. Conformité réglementaire

2.1 Statut global

Période d’analyseNombre total de paramètres contrôlésNombre de dépassementsStatut
10 / 06 / 2025 – 17 / 09 / 2025442non conforme

Le terme « non conforme » signifie que, pour au moins un des paramètres surveillés, la valeur maximale observée dépasse la limite fixée par le Code de la santé publique et les directives européennes (Directive 98/83/CE).

2.2 Détails des dépassements

ParamètreValeur maximale observéeLimite réglementaireFacteur de dépassement
Chloridazone méthyl desphényl0,113 µg/L0,1 µg/L1,13
Chloridazone desphényl0,28 µg/L0,1 µg/L2,80
  • Chloridazone méthyl desphényl : herbicide utilisé principalement sur les cultures céréalières. La valeur mesurée dépasse la limite de 0,1 µg/L de façon marginale (environ 13 % au‑dessus).
  • Chloridazone desphényl : forme parent du même principe actif. La concentration relevée est 2,8 fois supérieure à la valeur maximale autorisée.

Ces deux substances font partie de la liste des pesticides soumis à une surveillance renforcée parce qu’elles peuvent persister dans les eaux de surface et souterraines. Le dépassement du deuxième paramètre explique le facteur maximal de dépassement de 2,8 indiqué dans le bilan global.

2.3 Comparaison avec les normes

  • Norme française et européenne : pour chaque pesticide, la valeur maximale admissible (VMA) est fixée à 0,1 µg/L. Cette norme vise à protéger la santé publique, notamment les populations sensibles (femmes enceintes, enfants).
  • Situation de Calais : les deux dépassements restent très faibles en valeur absolue (inférieur à 0,3 µg/L). Ils sont toutefois supérieurs à la VMA, ce qui justifie le signal de non conformité.

Il est important de souligner que aucun dépassement n’a été observé pour les paramètres bactériologiques (absence d’E. coli, de coliformes totaux) ni pour les métaux lourds (copper détecté mais en dessous de la limite).


3. Minéralité et goût

3.1 Données disponibles

ParamètreValeur moyenneUnité
Conductivité à 25 °C650,087µS/cm

Les concentrations de calcium, magnésium et la dureté de l’eau ne sont pas renseignées dans le jeu de données fourni. L’absence de ces informations ne permet pas d’établir un profil complet de la minéralité.

3.2 Impact de la conductivité

La conductivité électrique reflète la concentration totale d’ions dissous. Une valeur de 650 µS/cm se situe dans la fourchette typique des eaux « modérément minéralisées » (entre 400 et 800 µS/cm). Cette intensité ionique est compatible avec un goût agréable, ni trop « dure » (qui pourrait donner une sensation de goût métallique) ni trop « doux » (qui pourrait être perçu comme fade).

3.3 Conseils pour les consommateurs

  • Eau douce vs eau calcaire : si vous avez une préférence pour une eau moins minéralisée (par exemple pour le lavage du linge ou la cuisson), vous pouvez envisager l’utilisation d’un adoucisseur d’eau.
  • Filtration : un filtre à charbon actif ne modifie pas la dureté, mais il réduit les composés organiques et certains pesticides résiduels (voir section 5).
  • Cuisson : pour les préparations où le goût du calcium ou du magnésium est recherché (ex. : pâtes, légumes), l’eau de robinet de Calais convient parfaitement.

4. PFAS (Polluants Éternels)

4.1 Analyse réalisée

  • Nombre de molécules analysées : 0
  • Nombre de molécules détectées : 0

Aucun test PFAS n’a été effectué dans le cadre de cette campagne d’analyse. Par conséquent, aucune donnée n’est disponible pour évaluer la présence éventuelle de ces substances.

4.2 Qu’est‑ce que les PFAS ?

Les per‑ et polyfluoroalkylés (PFAS) sont une famille de composés synthétiques très stables, utilisés dans les revêtements anti‑adhésifs, les mousses anti‑incendie ou les textiles imperméables. Leur persistance dans l’environnement et leur capacité à s’accumuler dans le corps humain suscitent des préoccupations de santé (perturbations hormonales, effets sur le système immunitaire).

4.3 Évaluation locale

En l’absence de résultats, on ne peut pas conclure à la présence ou à l’absence de PFAS dans l’eau de Calais. Les autorités locales sont toutefois tenues de réaliser des contrôles périodiques, notamment lorsqu’une source d’eau est susceptible d’être contaminée par des activités industrielles ou militaires.


5. Pesticides et métabolites

5.1 Molécules détectées

MoléculeValeur maximaleLimiteUnité
Chloridazone méthyl desphényl0,1130,1µg/L
Chloridazone desphényl0,280,1µg/L
Total des pesticides analysés

Trois molécules ont été relevées : les deux formes du chloridazone et le total des pesticides étudiés (qui correspond à la somme des concentrations détectées).

5.2 Origine probable

Le chloridazone est un herbicide de la famille des triazines, employé surtout sur les céréales (blé, orge) et les légumineuses. Le Pas‑de‑Calais possède une activité agricole importante, notamment dans les cultures de colza et de blé. Des épandages récents ou des pratiques d’irrigation peuvent expliquer la présence résiduelle de ce produit dans les eaux souterraines qui alimentent le réseau urbain.

5.3 Niveaux par rapport aux limites

  • Chloridazone méthyl desphényl : dépassement marginal (environ 13 % au‑dessus).
  • Chloridazone desphényl : dépassement plus significatif (280 % au‑dessus).

Ces concentrations restent très faibles en termes absolus (inférieur à 0,3 µg/L). Elles sont néanmoins supérieures à la VMA, ce qui justifie le statut de non conformité.

5.4 Contexte agricole régional

Le Pas‑de‑Calais est l’un des principaux producteurs de céréales du nord‑France. Les pratiques culturales (pré‑émergence, post‑émergence) utilisent parfois des doses de chloridazone supérieures à la moyenne nationale, notamment pour lutter contre les herbicides résistants. Les eaux de surface et souterraines peuvent donc être contaminées par des résidus qui migrent vers les puits d’alimentation.


6. Richesse et fréquence des analyses

6.1 Couverture analytique

ÉlémentQuantité
Prélèvements réalisés24
Paramètres uniques analysés44
Période couverte100 jours
Types d’analyseBactériologie, métaux, minéralité (conductivité), pesticides, PFAS (non réalisés)

Le nombre de prélèvements (un prélèvement environ tous les 4 jours) et la variété des paramètres étudiés correspondent aux exigences du Plan d’Assurance Qualité de l’Eau (PAQE), qui recommande au minimum 12 prélèvements par an pour chaque point de distribution, avec un panel d’au moins 30 paramètres.

6.2 Comparaison avec les recommandations nationales

  • Fréquence : la campagne de 24 prélèvements sur 100 jours dépasse largement le minimum requis, offrant une visibilité fine sur les variations saisonnières.
  • Diversité des paramètres : 44 paramètres couvrent l’ensemble des indicateurs classiques (bactériologie, métaux lourds, pesticides, conductivité). L’absence d’analyse PFAS constitue un point à améliorer, compte tenu de la vigilance croissante autour de ces substances.

6.3 Points d’attention

  1. Manque de données minérales (calcium, magnésium, dureté) : ces éléments sont essentiels pour caractériser le goût et la compatibilité avec les appareils ménagers.
  2. Absence d’analyse PFAS : il serait opportun d’inclure ce test dans les prochains cycles d’échantillonnage.
  3. Pesticides : la présence de chloridazone justifie un suivi renforcé, notamment pendant les périodes de forte utilisation agricole (printemps‑été).

7. Conseils pratiques

7.1 Recommandations générales

  • Consommation quotidienne – L’eau de Calais reste parfaitement potable du point de vue microbiologique et des métaux lourds. Les dépassements de pesticides sont très faibles et ne constituent pas un danger immédiat pour la santé.
  • Population sensible – Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées peuvent, par précaution, privilégier une filtration à charbon actif pour réduire les traces de pesticides.

7.2 Quand envisager une filtration

SituationType de filtre recommandéPourquoi
Préoccupation concernant les pesticidesFiltre à charbon actif (ou filtre combiné charbon + céramique)Retient efficacement les composés organiques de faible masse moléculaire, dont le chloridazone.
Goût très prononcé (calcaire)Adoucisseur d’eau (échangeur ionique)Diminue la dureté et améliore le goût perçu.
Risque PFAS (en attente de résultats)Filtre à osmose inverse ou à résine échangeuseCapte les molécules très persistantes, dont les PFAS.

7.3 Bonnes pratiques au quotidien

  • Faire bouillir l’eau : une cuisson de 1 minute élimine tout germe éventuel, mais n’a pas d’effet sur les pesticides.
  • Utiliser les robinets : laisser couler l’eau pendant 30 secondes avant de la consommer permet d’évacuer les éventuels résidus de tuyauterie.
  • Entretien des appareils : nettoyer régulièrement les filtres (selon les préconisations du fabricant) afin de garantir leur efficacité.
  • Surveiller les alertes locales : les services de l’eau publient habituellement les résultats des analyses trimestrielles ; il est recommandé de s’y référer.

8. Conclusion

L’eau du réseau de Calais est globalement de bonne qualité microbiologique et ne présente aucun dépassement de métaux lourds. Deux dépassements modestes de pesticides (chloridazone) ont conduit à un statut de « non conforme », mais les concentrations restent très faibles. L’absence de données sur la minéralité et les PFAS constitue un axe d’amélioration pour les prochains cycles d’analyse.

Note qualitative globale : B+ – la qualité de l’eau est satisfaisante, avec un léger point d’attention sur les résidus de pesticides.



Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.

Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.

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