· Gironde · 265 328 hab.

Qualité de l'eau à Bordeaux

Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Bordeaux. 353 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.

Non Conforme
21
PFAS analysés
33
Pesticides
1
Dépassements
très complète
Richesse

1. Introduction

Bordeaux (code INSEE 33063), située dans le département de la Gironde (33), compte près de 265 000 habitants. La ville s’appuie sur un réseau de distribution d’eau potable géré par la société d’assainissement de Bordeaux (SIVOM). L’eau fournie provient principalement du bassin versant de la Garonne, complété par des captages souterrains situés à proximité du centre urbain.

L’ensemble des prélèvements étudiés s’étend du 10 juin 2025 au 25 septembre 2025, soit 108 jours d’observation. Au cours de cette période, 148 échantillons ont été prélevés et analysés, couvrant 353 paramètres différents. La richesse de la campagne d’analyse est qualifiée de « très complète » par les services de contrôle.

Résumé du statut de conformité

  • Statut global : non conforme
  • Nombre de dépassements : 1 (fer total)
  • Facteur maximal de dépassement : 7,4 fois la limite réglementaire

Le seul point de non‑conformité concerne la concentration de fer total, qui a dépassé la valeur limite fixée à 200 µg/L à deux reprises, avec un pic à 840 µg/L. Tous les autres paramètres contrôlés (bactéries, PFAS, pesticides, métaux divers) respectent les exigences en vigueur.


2. Conformité réglementaire

2.1 Statut global

Le tableau ci‑dessous résume le résultat de la campagne d’analyse :

ParamètreValeur maximale observéeLimite réglementaireConformité
Fer total840 µg/L200 µg/LNon conforme (2 dépassements)
PFAS (tous)non détecté0,1 µg/L (valeur indicative)Conforme
Pesticides (tous)non détecté0,1 µg/L (valeur indicative)Conforme
Bactériologieaucune anomalie0 UFC/100 mL (E. coli)Conforme
Métaux (autres)dans les limitesselon chaque métalConforme

Le dépassement du fer total place l’eau de Bordeaux en vigilance : la réglementation française (décret n° 2001‑353) impose un seuil maximal de 200 µg/L pour le fer total, afin de garantir la qualité organoleptique et la sécurité sanitaire.

2.2 Détail du dépassement de fer

  • Valeur maximale : 840 µg/L (soit 7,4 fois la limite).
  • Nombre d’incidents : 2 prélèvements distincts au cours de la période.
  • Origine probable : Le fer provient généralement du contact avec les conduites en fonte ou en acier, ou d’une dissolution naturelle à partir des sols riches en minéraux ferreux. Dans le bassin girondin, les eaux souterraines peuvent contenir des concentrations variables selon la géologie locale.

Conséquences sur la qualité de l’eau

  • Aspect visuel : Le fer en excès peut donner à l’eau une teinte jaunâtre ou verdâtre, surtout lorsqu’il est exposé à l’air et oxydé.
  • Goût : Un goût métallique peut être perçu, ce qui dégrade l’expérience de consommation.
  • Entretien des appareils : Le fer favorise la formation de dépôts (rouille) dans les chauffe‑eau, les robinets et les machines à café, réduisant leur durée de vie.

2.3 Comparaison avec les normes européennes

Au niveau européen, la Directive 98/83/CE fixe une valeur maximale de 200 µg/L pour le fer total, exactement la même que la réglementation française. Ainsi, le dépassement constaté à Bordeaux est hors des exigences européennes, justifiant la mention « non conforme ».


3. Minéralité et goût

3.1 Caractéristiques physico‑chimiques

ParamètreValeur moyenneUnité
Calcium88mg/L
Magnésium9,05mg/L
Dureté (titre hydrotimétrique)27,1°f
Conductivité à 25 °C590,574µS/cm
Sulfates61,667mg/L
Chlorures36,375mg/L
Sodium34,5mg/L
Potassium4,1mg/L

Interprétation

  • Calcium (88 mg/L) et magnésium (9 mg/L) confèrent à l’eau une dureté modérée. Le titre hydrotimétrique de 27,1 °f correspond à une dureté « dure » selon les classifications françaises (0‑15 °f : très douce, 15‑30 °f : dure, plus de 30 °f : très dure).
  • Conductivité de 590 µS/cm indique une présence notable d’ions dissous, typique des eaux de surface influencées par les apports minéraux du bassin girondin.
  • Sulfates (≈ 62 mg/L) et chlorures (≈ 36 mg/L) restent dans les limites fixées par la réglementation (400 mg/L pour les sulfates, 250 mg/L pour les chlorures).

3.2 Impact sur le goût

  • Calcium apporte une légère sensation de « finesse » et contribue à la perception d’une eau « pleine ».
  • Magnésium, à des concentrations plus faibles, a peu d’influence directe sur le goût, mais participe à la sensation de « corps ».
  • Sulfates peuvent donner une légère amertume, perceptible surtout chez les personnes très sensibles.
  • Chlorures confèrent une légère salinité, très discrète à ces concentrations.

Dans l’ensemble, l’eau de Bordeaux se caractérise par un goût équilibré, légèrement minéral, apprécié par la plupart des consommateurs. Le seul facteur qui pourrait altérer cette impression est le fer lorsqu’il dépasse les seuils, en créant un goût métallique et une coloration inhabituelle.

3.3 Conseils pour les usagers

  • Pour les personnes sensibles à la dureté (par exemple, qui craignent les dépôts de calcaire dans leurs appareils), il est possible d’installer un adoucisseur d’eau ou un filtre à échange d’ions.
  • En cas de forte teneur en fer (détectée ponctuellement), l’usage d’un filtre à charbon actif combiné à une résine ferrifuge peut réduire efficacement la concentration avant la consommation.
  • Pour les foyers souhaitant préserver le goût naturel tout en limitant les dépôts, un simple filtre à sédiments (polypropylène) suffit à retenir les particules de fer oxydé.

4. PFAS (Polluants éternels)

4.1 Résultats de la campagne

  • Nombre d’analyses réalisées : 21
  • Molecules détectées : aucune
  • Dépassements : aucun

4.2 Qu’est‑ce que les PFAS ?

Les substances per‑ et polyfluoroalkylées (PFAS) sont des composés synthétiques très stables, utilisés dans les mousses anti‑incendie, les revêtements antiadhésifs et les textiles imperméables. Leur persistance dans l’environnement et leur potentiel d’accumulation dans l’organisme suscitent des inquiétudes sanitaires. Les seuils européens recommandent généralement une concentration maximale de 0,1 µg/L pour chaque PFAS identifié.

4.3 Évaluation locale

L’absence totale de détection indique que les sources potentielles (industries, aéroports, sites de formation de mousse) n’influent pas sur le réseau d’eau de Bordeaux, du moins pendant la période étudiée. Le suivi régulier (21 analyses) montre un engagement fort des autorités locales pour prévenir tout risque lié aux PFAS.


5. Pesticides et métabolites

5.1 Résultats de la campagne

  • Nombre d’analyses réalisées : 33
  • Molecules détectées : aucune
  • Dépassements : aucun

5.2 Origine potentielle des pesticides dans l’eau

Dans la région Nouvelle‑Aquitaine, l’agriculture (vignobles, cultures céréalières, maraîchage) utilise divers produits phytosanitaires. Les pesticides peuvent atteindre les eaux de surface par ruissellement ou percolation. La législation française impose des valeurs limites de détection (VLD) généralement fixées à 0,1 µg/L pour chaque substance.

5.3 Contexte régional

  • Vignobles bordelais : utilisation de fongicides (souvent à base de cuivre) et d’insecticides ciblant les cochenilles.
  • Cultures céréalières : recours à des herbicides de classe « triazine ».

L’absence de détection confirme que les pratiques locales, combinées à la protection du bassin de la Garonne, permettent de maintenir les concentrations de pesticides bien en dessous des seuils réglementaires.


6. Richesse et fréquence des analyses

6.1 Couverture analytique

CritèreValeur observée
Nombre de prélèvements148
Nombre de paramètres uniques353
Richesse de l’analysetrès complète
Période d’observation108 jours

Le nombre de prélèvements (≈ 1,37 échantillon par jour) et la diversité des paramètres (plus de trois cents) dépassent largement les exigences de la Directive européenne 98/83/CE, qui recommande un suivi périodique au moins trimestriel sur un panel de 30 paramètres essentiels.

6.2 Comparaison avec les recommandations nationales

  • Fréquence : Le plan d’échantillonnage national (Arrêté du 25 janvier 2020) préconise un minimum de 12 prélèvements par an pour une commune de plus de 100 000 habitants. Bordeaux réalise 148 prélèvements, soit plus de douze fois le minimum requis.
  • Diversité des paramètres : Le seuil de 30 paramètres est largement dépassé, incluant des métaux lourds, des PFAS, des pesticides et une large palette de paramètres physico‑chimiques.

6.3 Points d’attention

  • Fer total : Malgré la richesse du suivi, le dépassement de fer indique que le réseau pourrait bénéficier d’une surveillance ciblée sur les matières ferreuses, notamment après des travaux de maintenance ou des épisodes de corrosion.
  • Métaux détectés : Aluminium, nickel, cuivre et plomb sont bien présents mais restent sous les limites légales. Une vigilance continue est recommandée, notamment pour le plomb, dont la tolérance est très stricte (10 µg/L).

7. Conseils pratiques

7.1 Recommandations générales

  • Consommation quotidienne : L’eau de Bordeaux peut être consommée sans crainte, à l’exception des épisodes ponctuels de fer élevé.
  • Hydratation : La teneur en minéraux (calcium, magnésium) contribue à l’apport quotidien recommandé en oligo‑éléments.

7.2 Quand envisager une filtration ?

SituationType de filtre recommandéRaison
Détection ponctuelle de fer élevéFiltre à résine ferrifuge ou à charbon actifRéduction du fer et élimination du goût métallique
Sensibilité à la dureté (dépôts de calcaire)Adoucisseur d’eau à échange d’ionsDiminution du calcium et du magnésium
Souhait de protéger les appareils électroménagersFiltre à sédiments (polypropylène)Capture des particules en suspension, y compris le fer oxydé
Préoccupation pour les PFAS ou pesticides (même si non détectés)Filtre à charbon actif haute densitéBarrière supplémentaire contre d’éventuels contaminants futurs

7.3 Bonnes pratiques au quotidien

  • Rincer les robinets pendant quelques secondes avant la première utilisation du jour, afin d’éliminer les éventuelles stagnations contenant du fer.
  • Entretenir régulièrement les filtres selon les préconisations du fabricant (remplacement tous les 3 à 6 mois selon le débit).
  • Faire vérifier les installations (tuyauterie en fonte ou acier) lors de travaux de rénovation afin de limiter la corrosion et le relargage de fer.
  • Conserver les bouteilles d’eau à l’abri de la lumière et à température ambiante pour éviter la formation de dépôts.

8. Conclusion

L’eau potable de Bordeaux présente une qualité globalement satisfaisante, avec une minéralité agréable, aucune trace de PFAS ou de pesticides, et un suivi analytique très complet. Le unique point de vigilance porte sur le fer total, dont les dépassements ponctuels peuvent altérer le goût et la couleur de l’eau. En adoptant quelques gestes simples (filtration ciblée, entretien de la tuyauterie) les usagers peuvent profiter d’une eau sûre et savoureuse au quotidien.

Note globale qualitative : 4,5 / 5 – la ville maintient un haut niveau de surveillance et de conformité, avec une petite marge d’amélioration concernant la maîtrise du fer dans le réseau.


Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.

Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.

Recevez les alertes qualité de l'eau

Restez informé des dépassements et de l'évolution de la qualité de l'eau dans votre commune.