· Doubs · 120 057 hab.

Qualité de l'eau à Besançon

Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Besançon. 374 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.

Non Conforme
22
PFAS analysés
36
Pesticides
2
Dépassements
très complète
Richesse

1. Introduction

Besançon, préfecture du Doubs (code département 25), compte environ 120 000 habitants et possède un réseau d’alimentation en eau potable géré par la communauté d’agglomération. L’ensemble du territoire urbain est alimenté depuis les nappes phréatiques de la région du Jura‑Doubs, une zone reconnue pour la qualité de ses eaux de source.

L’étude présentée porte sur la période du 10 juin 2025 au 29 septembre 2025 (112 jours). Au total, 72 prélèvements ont été réalisés, couvrant 374 paramètres différents, ce qui correspond à une richesse analytique qualifiée de très complète.

Le tableau de synthèse ci‑dessous résume le statut de conformité :

Période d’analyseNombre de prélèvementsNombre de paramètres uniquesStatut global
10 / 06 / 2025 – 29 / 09 / 202572374non conforme

Le résultat « non conforme » provient d’un dépassement isolé concernant les PFAS (per‑ et polyfluoroalkylés). Aucun dépassement n’a été observé pour les bactéries coliformes, les métaux lourds, ni les pesticides détectés.


2. Conformité réglementaire

2.1 Statut global

Le réseau d’eau de Besançon est classé non conforme pour la période étudiée. Cette qualification résulte d’un seul dépassement, mais elle déclenche néanmoins une vigilance accrue de la part des autorités sanitaires (Agence régionale de santé, service d’eau de la ville).

2.2 Détail des dépassements

ParamètreValeur maximale observéeLimite réglementaireNombre de dépassements
Somme de 20 substances perfluoroalkylées (PFAS)0,139 µg/L0,1 µg/L1
Bactéries coliformes /100 ml‑MS1 n/100 mLaucune limite définie (absence de coliformes recherchée)0
  • PFAS : la concentration maximale de 0,139 µg/L dépasse la limite fixée par le règlement européen REACH (0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS). Ce dépassement représente un facteur 1,39 fois la valeur de référence.
  • Bactéries coliformes : le paramètre a été mesuré à 1 coliforme/100 mL, mais aucune norme stricte n’est appliquée à ce niveau (la présence d’un coliforme ne constitue pas à elle seule un non‑respect du cahier des charges).

2.3 Comparaison avec les normes françaises et européennes

ParamètreNorme françaiseNorme européenneSituation à Besançon
PFAS (somme 20 substances)0,1 µg/L (décret 2020‑1302)0,1 µg/L (REACH)Dépassement (0,139 µg/L)
Bactéries coliformes (absence)0 coliforme/100 mL (directive 98/83/CE)0 coliforme/100 mLNon détecté au-delà du seuil de tolérance

En résumé, le réseau respecte l’ensemble des exigences sanitaires, à l’exception d’un dépassement marginal de PFAS. Les autorités locales sont tenues de mettre en œuvre un suivi renforcé et, le cas échéant, des actions correctives (traitement supplémentaire, surveillance accrue).


3. Minéralité et goût

3.1 Analyse des principaux ions

ParamètreValeur moyenneUnitéInterprétation
Calcium97,55mg/LNiveau élevé, contribue à la dureté
Magnésium4,72mg/LFaible, la dureté résulte surtout du calcium
Dureté (titre hydrotimétrique)25,275°fEau « douce » (0–30 °f)
Conductivité à 25 °C503,548µS/cmConductivité modérée, témoigne d’une bonne pureté ionique
Sulfates8,113mg/LNiveau bas, aucun goût amer perceptible
Chlorures8,787mg/LConcentration très faible, aucune influence sur le goût
Sodium5,55mg/LNiveau très bas, compatible avec les recommandations pour les régimes pauvres en sel
Potassium1,575mg/LTraces, sans incidence gustative

3.2 Impact sur le goût

  • Calcium élevé : apporte une légère sensation de « minéralité » et peut donner à l’eau un goût légèrement « carré », apprécié par une partie des consommateurs.
  • Faible magnésium : limite la perception d’une eau « douce », ce qui se traduit par une eau légère, peu chargée.
  • Conductivité modérée : indique une faible présence d’ions dissous, ce qui se traduit généralement par une saveur neutre.

Dans l’ensemble, l’eau de Besançon se situe dans la catégorie des eaux douces et faiblement minéralisées, ce qui la rend agréable à la consommation quotidienne et compatible avec la plupart des appareils électroménagers (cafetière, lave‑linge) sans risque d’entartrage important.

3.3 Conseils pour les consommateurs

  • Eau douce vs calcaire : les foyers qui préfèrent une eau très douce (par exemple pour le thé ou le café) peuvent continuer à consommer l’eau du robinet sans crainte d’un goût trop « minéral ».
  • Entartrage : la dureté étant inférieure à 30 °f, le risque d’entartrage des chaudières ou des bouilloires est limité. Un entretien annuel reste toutefois recommandé.
  • Hydratation : la faible teneur en sodium rend cette eau adaptée aux personnes suivant un régime hyposodé.

4. PFAS (Polluants éternels)

4.1 Couverture analytique

ÉlémentNombre d’analysesNombre de molécules détectées
PFAS228

Les molécules détectées sont :

  1. Acide perfluoroheptanoïque (PFHPA)
  2. Acide perfluoro‑octanoïque (PFOA)
  3. Acide perfluorohexanoïque (PFHXA)
  4. Acide perfluorobutanoïque (PFBA)
  5. Acide perfluoropentanoïque (PFPEA)
  6. Acide sulfonique de perfluorooctane (PFOS)
  7. Somme de 20 substances perfluoroalkylées (PFAS) – valeur globale de 0,139 µg/L
  8. SOMME de 4 substances perfluoroalkylées (PFOA + PFNA + PFHXS + PFOS)

4.2 Qu’est‑ce que les PFAS ?

Les PFAS sont une famille de composés synthétiques très stables, utilisés dans les revêtements anti‑adhésifs (casseroles, textiles), les mousses anti‑incendie, ou encore les produits de traitement du bois. Leur persistance dans l’environnement (d’où le surnom de « polluants éternels ») soulève des préoccupations sanitaires, notamment :

  • Effets potentiels sur le foie
  • Perturbations endocriniennes
  • Risque accru de certains cancers

Les autorités européennes ont fixé une valeur maximale de 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS afin de protéger la santé publique.

4.3 Évaluation de la situation locale

  • Concentration maximale : 0,139 µg/L, soit un dépassement de 0,039 µg/L au-dessus de la limite.
  • Facteur de dépassement : 1,39 fois la valeur de référence.
  • Nombre de molécules détectées : 8, dont les plus fréquemment rencontrés (PFOA, PFOS) sont présents à des concentrations très faibles (inférieures à la limite individuelle de 0,1 µg/L).

Ces résultats indiquent que, bien que la présence de PFAS soit confirmée, le niveau global reste marginalement supérieur à la norme. Le dépassement ne représente pas une menace immédiate, mais il justifie :

  • Un suivi renforcé à chaque cycle d’analyse (au moins deux fois par an).
  • L’information des usagers sur les actions de prévention (éviter les produits contenant des PFAS dans le cadre domestique).

5. Pesticides et métabolites

5.1 Résultats d’analyse

ParamètreNombre d’analysesNombre de détectionsDépassements
Pesticides361Aucun

Molécule détectée : Chlorothalonil (code R471811). Aucun dépassement de la valeur limite (qui est de 0,1 µg/L pour la plupart des pesticides) n’a été relevé.

5.2 Origine probable

Le chlorothalonil est un fongicide largement utilisé dans la viticulture et la culture de fruits à pépins. Sa présence ponctuelle dans l’eau de Besançon peut s’expliquer par :

  • Ruissellement agricole : le département du Doubs possède des surfaces agricoles où le chlorothalonil est employé.
  • Déversements ponctuels : même de faibles quantités peuvent être détectées grâce à la sensibilité élevée des méthodes analytiques.

5.3 Contexte agricole régional

Le Doubs, bien que majoritairement montagnard, comprend des vallées fertiles (Jura, Doubs) où la culture de céréales, de pommes de terre et de vignes est courante. Les pratiques de lutte phytosanitaire sont encadrées par la réglementation européenne (décret 2009‑110) qui impose des seuils de résidus très stricts. La détection unique de chlorothalonil, sans dépassement, confirme le respect de ces exigences.


6. Richesse et fréquence des analyses

6.1 Couverture analytique

  • Nombre total de prélèvements : 72, répartis sur 112 jours, soit en moyenne un prélèvement tous les 1,5 jour.
  • Paramètres uniques analysés : 374, couvrant les domaines microbiologique, chimique (métaux, minéraux, organiques) et émergent (PFAS, pesticides).
  • Richesse : classée « très complète », ce qui dépasse largement les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) qui préconisent au minimum 20 paramètres principaux par cycle d’analyse.

6.2 Comparaison avec les recommandations nationales

DomaineRecommandation minimale (ANSES)Couverture à Besançon
Bactéries coliformes1 paramètre1 (coliformes)
Métaux lourds5 paramètres (Pb, Cd, Hg, As, Ni)3 détectés (Al, Pb, Cu)
PFAS20 substances (somme)20 incluses, 8 détectées
Pesticides30 substances principales36 analysées, 1 détectée
Minéraux (Ca, Mg, Na, K, Cl, SO₄)6 paramètres9 paramètres mesurés

Tous les domaines essentiels sont couverts, avec une attention particulière aux contaminants émergents (PFAS).

6.3 Points d’attention éventuels

  • Métaux : aucune donnée sur le cadmium, le mercure ou l’arsenic n’est fournie. Leur absence de mention pourrait signifier qu’ils n’ont pas été testés ou que les résultats sont non détectés. Un suivi périodique serait recommandé.
  • Bactéries coliformes : la présence d’un coliforme isolé (valeur max = 1) ne constitue pas un dépassement, mais il faut veiller à ce que les futurs prélèvements restent constamment à zéro.

7. Conseils pratiques

7.1 Recommandations générales

  • Consommation quotidienne : l’eau du robinet de Besançon reste parfaitement adaptée à la boisson, à la cuisine et à l’hygiène.

  • Filtration :

    • Un filtre à charbon actif peut réduire les traces de PFAS et de chlorothalonil, idéal pour les personnes souhaitant une marge de sécurité supplémentaire.
    • Un filtre à osmose inverse est excessif pour la situation actuelle, sauf en cas de besoins spécifiques (ex. : patients sous diurétiques très stricts).
  • Entretien des appareils : grâce à la dureté douce, un détartrage annuel suffit pour les bouilloires, les machines à café et les chauffe‑eau.

7.2 Quand envisager une filtration supplémentaire ?

  • Enfants en bas âge ou personnes immunodéprimées : si une sensibilité particulière aux traces de contaminants est suspectée, un filtre à charbon actif est recommandé.
  • Femmes enceintes : aucune contrainte particulière n’est observée, mais le filtre à charbon peut offrir une tranquillité d’esprit supplémentaire.
  • Utilisation industrielle ou de laboratoire : les exigences de pureté sont plus strictes, un système de filtration avancé peut être envisagé.

7.3 Bonnes pratiques au quotidien

  • Rincer les robinets : laisser couler l’eau quelques secondes avant de la consommer, surtout après une interruption du réseau.
  • Stockage : conserver l’eau du robinet dans des récipients propres, à l’abri de la lumière directe du soleil, pour éviter la prolifération microbienne.
  • Surveiller les bulletins d’information : la ville de Besançon publie régulièrement les résultats d’analyse. S’inscrire à la newsletter ou consulter le site officiel permet de rester informé des éventuelles évolutions.

8. Conclusion

L’eau potable de Besançon présente une qualité globale très satisfaisante, avec une minéralité douce, un faible niveau de sodium et aucune trace de métaux lourds dépassant les seuils réglementaires. Le seul point de vigilance concerne un dépassement marginal des PFAS (0,139 µg/L contre la limite de 0,1 µg/L). Ce dépassement reste limité et fait l’objet d’un suivi renforcé.

Note qualitative globale : 8,5 / 10 – une eau saine, agréable au goût, nécessitant uniquement une surveillance continue des PFAS et le maintien des bonnes pratiques d’hygiène.


Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.

Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.

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