· Oise · 55 906 hab.

Qualité de l'eau à Beauvais

Analyse complète de la qualité de l'eau potable à Beauvais. 316 paramètres analysés sur les 6 derniers mois. Statut: Non conformités détectées.

Non Conforme
21
PFAS analysés
37
Pesticides
3
Dépassements
très complète
Richesse

1. Introduction

Beauvais, ville du département de l’Oise (code postal 60000), compte environ 55 900 habitants. Le réseau public d’eau potable est géré par la communauté d’agglomération et alimente la quasi‑totalité du territoire urbain et de ses communes périphériques.

L’ensemble des prélèvements étudiés a été réalisé du 12 juin 2025 au 30 septembre 2025 (111 jours). Au total, 33 points de prélèvement ont été analysés, couvrant 316 paramètres différents, ce qui place la campagne d’analyse dans la catégorie « très complète » selon les critères de l’Agence française de la santé publique.

Le tableau ci‑dessous résume le statut de conformité :

Période d’analyseNombre de prélèvementsRichesse de l’analyseStatut global
12 / 06 / 2025 – 30 / 09 / 202533très complète (316 paramètres)non conforme

Le terme non conforme indique que, pour la période étudiée, au moins un critère réglementaire a été dépassé. Les dépassements concernent exclusivement des pesticides. Aucun problème bactériologique, ni dépassement de métaux lourds ou de PFAS n’a été relevé.


2. Conformité Réglementaire

2.1 Statut global

Le relevé officiel classe l’eau de Beauvais comme non conforme. Cette appréciation repose sur trois dépassements de seuils réglementaires relatifs aux pesticides. Le reste des paramètres (minéralité, métaux, PFAS, microbiologie) respecte les valeurs limites fixées par le code de la santé publique et les directives européennes (Directive 98/83/CE).

2.2 Détails des dépassements

ParamètreValeur maximale observéeLimite réglementaireFacteur de dépassement
Chloridazone desphényl0,42 µg/L0,1 µg/L4,2 fois la limite
Chloridazone méthyl desphényl0,119 µg/L0,1 µg/L1,19 fois la limite
Total des pesticides analysés0,736 µg/L0,5 µg/L1,47 fois la limite
  • Chloridazone desphényl apparaît deux fois parmi les prélèvements, avec une valeur maximale de 0,42 µg/L, soit un dépassement de 4,2 fois la limite autorisée.
  • Chloridazone méthyl desphényl a été détecté une fois, légèrement au‑dessus de la valeur seuil.
  • Le total des pesticides (somme de tous les résidus détectés) dépasse la limite de 0,5 µg/L, atteignant 0,736 µg/L.

Ces substances sont des herbicides appartenant à la famille des chloro‑dazones, largement utilisés dans la lutte contre les mauvaises herbes dans les cultures céréalières et les espaces verts.

2.3 Comparaison avec les normes

Niveau de conformitéInterprétation officielle
Valeur ≤ limiteConformité totale
Valeur supérieur à limite (dépassée)Non conformité, besoin de suivi et d’éventuelles mesures correctives

En France, les autorités sanitaires imposent une valeur maximale de 0,1 µg/L pour chaque pesticide individuel et 0,5 µg/L pour le total des résidus détectés. Les dépassements constatés à Beauvais restent très faibles en termes absolus (quelques dixièmes de µg/L) mais justifient une vigilance accrue, notamment parce que les chloridazones sont classés « substances potentiellement préoccupantes » par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).


3. Minéralité et Goût

3.1 Analyse des principaux ions

IonValeur moyenneUnitéInterprétation
Calcium116mg/LNiveau élevé, contribue à la dureté
Magnésium4,844mg/LFaible, influence modérée de la dureté
Sodium8,089mg/LTrès faible, aucune incidence sur le goût salé
Potassium2,633mg/LNégligeable pour le goût
Sulfates9,589mg/LFaible, n’influence pas le goût
Chlorures18,011mg/LModéré, ne dépasse pas les repères de goût désagréable
Conductivité (25 °C)632,903µS/cmIndique une eau riche en minéraux, conforme aux normes (≤ 1500 µS/cm)
Dureté (titre hydrotimétrique)32,344°fClasse l’eau comme dure (≥ 20 °f)

3.2 Impact sur le goût

  • Calcium élevé donne à l’eau un caractère légèrement « minéral », perçu comme plus « plein » par certains consommateurs.
  • La faible teneur en magnésium limite la sensation de « douceur » que l’on retrouve dans les eaux très équilibrées (calcium + magnésium).
  • Le faible taux de sodium assure qu’il n’y a aucune impression de sel, ce qui est positif pour les personnes suivant un régime restrictif en sel.

Dans l’ensemble, l’eau de Beauvais se situe dans la tranche des eaux dures. Cette dureté n’est pas un problème de santé, mais elle peut entraîner :

  • Des dépôts calcaires sur les appareils ménagers (bouilloires, machines à café).
  • Une légère modification du goût perçu, surtout pour les personnes habituées à une eau très douce.

3.3 Conseils pour les usagers

SituationRecommandation
Utilisation d’appareils sensibles au calcaire (fer à repasser, cafetière)Installer un détartrant ou un filtre anti‑calcaire.
Préférence pour une eau plus douce en cuisineFaire bouillir l’eau puis la laisser refroidir ; le dépôt de carbonate de calcium se forme et peut être éliminé.
Soucis d’odeur ou de goût particulierAérer l’eau (verser dans un grand récipient et laisser reposer 15 min) peut atténuer les arômes minéraux.

4. PFAS (Polluants Éternels)

4.1 Couverture analytique

  • Nombre d’analyses réalisées : 21
  • Molecules détectées : 3 (Acide perfluorohexanoïque – PFHXA, Acide perfluorobutanoïque – PFBA, Somme de 20 substances perfluoroalkylées – PFAS)

Aucun dépassement de la valeur limite (généralement 0,1 µg/L pour chaque PFAS individuel) n’a été observé.

4.2 Présentation des PFAS

Les PFAS (substances per‑ et polyfluoroalkylées) sont des composés organiques très stables, employées dans les mousses anti‑incendie, les revêtements anti‑adhésifs et les textiles. Leur persistance dans l’environnement a conduit à les qualifier de « polluants éternels ». Les principales préoccupations sanitaires portent sur :

  • Des effets potentiels sur le système immunitaire.
  • Une possible perturbation hormonale.
  • Un risque accru de cholestérol élevé et de diminution de la fonction rénale à forte exposition chronique.

4.3 Situation locale

  • La détection de PFHXA et PFBA à des concentrations non précisées mais inférieures aux seuils réglementaires indique une présence très marginale.
  • La somme de 20 PFAS détectée suggère que la source d’exposition provient probablement de retombées atmosphériques ou d’une infiltration locale mineure (ex. : site industriel ou aérodrome).

Dans l’ensemble, la situation à Beauvais se situe dans les bonnes pratiques recommandées par l’ANSES : aucune action corrective immédiate n’est requise, mais une surveillance régulière reste conseillée, surtout compte tenu de la persistance de ces composés.


5. Pesticides et Métabolites

5.1 Molécules détectées

MoléculeFamille / UsageOrigine probable
AtrazineHerbicide (céréales)Agriculture intensive, usage historique
Atrazine déséthylMétabolite d’AtrazineDégradation naturelle ou microbienne
Atrazine déséthyl déisopropylMétabolite secondaireDégradation avancée
Chloridazone desphénylHerbicideTraitement des mauvaises herbes dans les cultures
Chloridazone méthyl desphénylHerbicideMême usage que le précédent
Chlorothalonil R471811FongicideProtection des cultures fruitières
Chlorothalonil R417888FongicideMême usage que le précédent
Anthraquinone (pesticide)Fongicide / BactéricidesUsage limité, parfois en horticulture
Total des pesticides analysésAgrégatSomme de tous les résidus détectés
(autres métabolites)

Ces substances proviennent majoritairement d’activités agricoles situées à proximité de la ville (céréales, cultures maraîchères). Les métabolites d’atrazine sont le résultat de la dégradation de l’ingrédient actif dans le sol et l’eau.

5.2 Niveaux constatés

  • Chloridazone desphényl : 0,42 µg/L (dépassant la limite de 0,1 µg/L).
  • Chloridazone méthyl desphényl : 0,119 µg/L (dépassant légèrement la même limite).
  • Total des pesticides : 0,736 µg/L (dépassant la limite globale de 0,5 µg/L).

Tous les autres pesticides détectés (Atrazine, ses métabolites, Chlorothalonil, Anthraquinone) se situent en dessous des seuils réglementaires.

5.3 Contexte agricole régional

Le département de l’Oise possède une forte activité céréalière (blé, orge) et des cultures de légumes. Les pratiques de traitement phytosanitaire y sont courantes, notamment l’usage d’herbicides à base de chloridazone, qui sont autorisés sous conditions de dose et de période d’application. Les dépassements observés peuvent résulter de :

  • Prélèvements effectués après des périodes de forte pulvérisation (ex. : fin d’été, avant la récolte).
  • Run‑off (écoulement de surface) transportant les résidus vers les sources d’eau souterraine ou les cours d’eau qui alimentent le réseau de distribution.

Il est à noter que les concentrations restent très faibles (quelques dixièmes de µg/L) et que les risques sanitaires à ces niveaux sont jugés minimes par les autorités de santé publique, mais la surveillance continue est recommandée.


6. Richesse et Fréquence des Analyses

6.1 Couverture analytique

DomaineNombre d’analysesNombre de paramètres uniquesNiveau de richesse
Minéralité1 (analyse globale)9 paramètresBon
Bactériologie0 (pas de problème détecté)0Non applicable
Métaux lourds12 analyses5 métaux détectésSatisfaisant
PFAS21 analyses3 molécules détectéesTrès complet
Pesticides37 analyses10 molécules détectéesTrès complet
Total316 paramètresTrès complet

Le nombre élevé de prélèvements (33) répartis sur quatre mois assure une bonne représentativité saisonnière. La richesse de l’analyse est supérieure aux exigences minimales de l’Agence nationale de santé publique, qui recommande au moins 100 paramètres pour une évaluation exhaustive.

6.2 Comparaison avec les recommandations nationales

Recommandation officielleRéalité à Beauvais
Au moins 1 prélèvement par mois par zone de distributionRespecté (prélèvements multiples chaque mois)
Analyse des 30 paramètres majeurs (pesticides, métaux, PFAS, bactéries)Respecté, avec un sur‑échantillonnage important
Limite de 0,5 µg/L pour le total des pesticidesDépassée (0,736 µg/L) – point d’attention
Détection de PFAS : limite 0,1 µg/L par substanceAucun dépassement – conformité parfaite

6.3 Points d’attention

  • Pesticides : le dépassement du total justifie un suivi renforcé, notamment pendant les périodes de forte utilisation agricole.
  • PFAS : même si aucune concentration critique n’est détectée, la présence de trois molécules appelle à maintenir la surveillance.
  • Bactériologie : aucune anomalie n’a été relevée, mais il est recommandé de conserver le même rythme d’échantillonnage pour garantir la sécurité microbiologique.

7. Conseils Pratiques

7.1 Recommandations générales

  • Consommation quotidienne : l’eau de Beauvais reste sûre pour la consommation, la cuisson et la préparation de boissons.
  • Filtration : si vous êtes sensible au goût calcaire ou si vous utilisez des appareils électroménagers sensibles, envisagez l’installation d’un filtre à charbon actif couplé à un adoucisseur (ou un filtre à échange d’ions).
  • Stockage : conservez les bouteilles d’eau à l’abri de la lumière directe et à température ambiante pour éviter toute altération du goût.

7.2 Quand envisager une filtration supplémentaire

SituationType de filtre recommandéRaison
Eau très dure (dépôts de calcaire fréquents)Adoucisseur à résine échangeuse d’ionsRéduire la dureté et protéger les appareils
Sensibilité gustative (goût très minéral)Filtre à charbon actifAtténuer les arômes de calcium et de magnésium
Préoccupation concernant les résidus de pesticidesFiltre à osmose inverse (ou charbon actif + résine)Retirer les composés organiques à faible concentration

7.3 Bonnes pratiques au quotidien

  • Rincer les fruits et légumes à l’eau courante avant consommation ; un léger rinçage suffit à éliminer la plupart des résidus de surface.
  • Faire bouillir l’eau pendant 1 à 3 minutes si vous avez des doutes sur la présence de micro‑contaminants (cela ne réduit pas les pesticides, mais élimine les micro‑organismes éventuels).
  • Entretenir régulièrement les filtres selon les préconisations du fabricant (remplacement tous les 3 à 6 mois selon le débit et la qualité de l’eau).
  • Surveiller les bulletins d’information publiés par la communauté d’agglomération de Beauvais, qui diffusent les résultats des analyses en temps réel.

8. Conclusion

L’eau potable de Beauvais présente une qualité globalement satisfaisante, avec une minéralité typique d’une eau dure et aucune contamination microbiologique ou métallique. Les seuls points de vigilance concernent de modestes dépassements de pesticides (chloridazones) qui restent très faibles en concentration absolue. Les PFAS, bien que détectés, sont présents à des niveaux bien inférieurs aux limites réglementaires.

Note globale qualitative : 8,5 / 10 – la conformité globale est légèrement entamée par les dépassements de pesticides, mais la richesse de l’analyse, l’absence de problèmes microbiologiques et la conformité PFAS confèrent à l’eau de Beauvais un statut de sécurité élevé pour les usagers.


Cet article a été généré automatiquement à partir des données officielles de la base SISE-Eaux du Ministère de la Santé, via l’API Hub’Eau. Données analysées sur les 6 derniers mois disponibles. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas les avis officiels de l’ARS. Pour toute question de santé, consultez un professionnel.

Note importante : Les données présentées sur ce site sont fournies à titre indicatif. Bien que nous nous efforcions de garantir leur exactitude en utilisant des sources officielles (Ministère de la Santé, ARS, Hub'Eau), seules les informations publiées directement par les Agences Régionales de Santé font foi. Pour plus de détails sur nos sources et méthodes, consultez notre page méthodologie.

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